La liste des PFAS intéresse de plus en plus les industriels, les acheteurs et les équipes HSE. Le sujet ne se limite plus à la pollution de l’eau. Il touche aussi les formulations, les cahiers des charges et le contrôle fournisseur.
PFAS signifie substances per- et polyfluoroalkylées. Cette famille chimique est vaste, avec plus de 4 000 composés.
Qu’est-ce qu’un PFAS ?
Un PFAS est une substance per- et polyfluoroalkylée, c’est-à-dire une molécule contenant des liaisons carbone-fluor très stables. Cette stabilité explique leur résistance à la chaleur, à l’eau et à de nombreux agents chimiques.
Dans la pratique, la famille regroupe des acides carboxyliques perfluorés (PFCA), des acides perfluorosulfoniques (PFSA), des polymères et des précurseurs. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un PFAS n’est pas un produit unique, mais un groupe de substances aux usages et aux risques différents sous forme de gaz, liquide ou de solide. Le point commun entre tous les PFAS est leur persistance dans l’environnement.
Pourquoi ces substances sont-elles utilisées dans l’industrie ?
Les PFAS sont utilisés quand il faut combiner performance et tenue dans le temps. L’industrie les recherche pour :
- Leurs propriétés imperméabilisantes
- Leur caractère anti-adhérent
- Leur résistance thermique
- Leur faible tension de surface
- Leur stabilité chimique
- Leur intérêt dans les revêtements, mousses, textiles techniques et certains procédés de fabrication
Concrètement, cela concerne des secteurs comme le textile, l’agroalimentaire, la chimie, les emballages, les traitements de surface et certains usages de consommation.
Quels sont les risques associés aux PFAS ?
Le risque majeur est la persistance. Ces substances se dégradent très lentement et peuvent se retrouver dans l’eau, les sols, les poussières et les chaînes alimentaires. C’est là que la question devient sanitaire et environnementale.
L’exposition humaine passe par l’eau potable, l’alimentation, certaines activités professionnelles et l’inhalation de poussières ou de vapeurs en site industriel. En entreprise, la prévention doit aussi couvrir la production, les déchets, les eaux usées et la dépollution.
Sur le plan réglementaire, la surveillance se renforce. Le 12 janvier 2026, le suivi des PFAS dans l’eau du robinet est devenu obligatoire au titre de la directive UE 2020/2184, avec une limite de qualité associée. Pour les sites, cela impose une vraie mise à jour des plans de contrôle.
FAQ – Vos questions sur les PFAS dans l’industrie
Un produit marqué « sans PFOA » est-il totalement exempt de PFAS ?
Non. “Sans PFOA” signifie seulement absence de PFOA (acide perfluorooctanoïque), pas absence de toute la famille PFAS, le PFOA est un PFAS très fortement restreints au niveau international comme le PFOS (sulfonate de perfluorooctane). Vous devez vérifier les autres substances, y compris les précurseurs et les polymères, car certains peuvent libérer des PFAS au cours de l’usage ou en fin de vie.
Comment mettre en place un plan de substitution ?
Cartographiez les usages, puis priorisez les applications les plus exposantes ou les plus critiques réglementairement. Définir un cahier des charges et testez les alternatives sur la performance, la compatibilité procédé et le coût total. Enfin, formalisez un suivi fournisseur et une veille réglementaire, car les dérogations et interdictions évoluent vite.
Comment identifier si un produit contient des PFAS ?
Vérifiez la fiche technique, la FDS (fiche de données de sécurité) et la nomenclature des composants. Demandez aussi au fournisseur les familles chimiques, pas seulement un nom commercial. Dans l’industrie, le bon réflexe consiste à croiser la donnée produit, le site d’utilisation et le contrôle des rejets.